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Petite présentation préalable 28/08/2007

Ben déjà bonjour à toi qui est venu te paumer dans mon blog un peu par hasard.

Pour mon premier article je me vois contraint de présenter (un peu) mes envies et mes motivations concernant la création de ce blog...et ce sans endormir le peu de visiteurs qui auraient, tout comme toi, eu la gentillesse de se perdre ici. Tâche pas si simple que ça finalement....

Brièvement je dirai que j'avais juste envie d'occuper mes dix doigts à quelque chose de sympa...et tant qu'à faire pourquoi pas écrire quelques articles sur ce qui me fais le plus plaisir au monde histoire de faire partager mes petites passions et (peut-être ne soyons pas trop utopiques non plus) de donner envie à d'autres personnes de s'adonner à la découverte du cinéma bis comme je l'affectionne.



Boosté par ma chère petite Cloclo, je me suis donc décidé à me lancer dans l'aventure palpitante du "blog"...on verra bien ce que ça donnera et combien de temps ça durera.

BONNE VISITE

SOMMAIRE

#
#HORROR P.125
+1 P.105
2LDK P.6

A
ACACIA P.21
AENIGMA P.18
ARANG P.109
AREA 51 P.120

B

C
CARVED P.63

D
D-DAY P.12
DAGON P.39
DAISY P.60
DEEP DARK P.123
DOLLY P.65
DOROTHY P.12

E
EXCISION P.129
EXISTS P.110

F
FACES P.68
FEBRUARY P.131
FLASHBACK P.133

G
GALLOWS P.114
GEMINI P.35
GIRLHOUSE P.107
GOTHIC P.113
GOZU P.6

H
HAUNT P.102
HAZE P.89
HELLBENT P.113
HISTERIA P.112
HOLIDAYS P.124
HONEYMOON P.103
HOOKED UP P.124
HYBRID P.95

I
IN FEAR P.98
INFERNO P.30

J
JUNE P.118

K
KOMA P.19

L
LIFE P.132
LINK P.46
LIVIDE P.61

M
MAMBA P.3
MOON P.37
MORGANE P.128

N
NYMPH P.118

O
ORCA P.34
OUTPOST P.10

P
PHASE IV P.121
PROXY P.104

Q

R
RODAN P.120
RUBY P.76

S
SALVAGE P.30
SCALPS P.15
SCAR 3D P.47
SÉANCE P.119
SPACESHIP P.122
SPECTRE P.132
SPRING P.114
STUNG P.117
SX TAPE P.92
SYMBOL P.67

T
TARANTULA P.114
TOMIE P.116
TRAIN P.56

U
UNEARTHED P.131
UNREST P.81

V
VAMP P.86
V/H/S P.67
VISIONS P.119

W
WATCHERS P.119
THE WIG P.16
WOLFEN P.64

X
X-CROSS P.112
XX P.132

Y
YOGA P.95

Z

HORS SUJET



Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin.... 28/08/2007

Pour ma première fiche, rien de tel que de rendre hommage au film qui me fit prendre goût au cinéma de genre, et même au cinéma tout court. Un petit nanar bien oublié aujourd'hui mais qui eut le mérite de rendre un petit n'enfant de 5 piges accro au petit et grand écran...Nostalgie quand tu nous tiens hé hé...

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
M.A.L. MUTANT AQUATIQUE EN LIBERTÉ
(Deepstar six)
Film réalisé par Sean S Cunningham. Avec Taureen Blacque, Nancy Everhard et Greg Evigan.
Etats-Unis - 1989 - 1h45min.


Interdit aux moins de 12 ans

Dans une station sous-marine secrète de l'armée américaine située au large du Pacifique, une équipe constituée de techniciens et de géologues reçoit pour mission d'installer une rampe de missiles subaquatique. Pour gagner du temps et faisant fi des protocoles de sécurité, le superviseur de l'opération donne l'ordre de faire exploser la voûte d'une immense caverne préhistorique menaçant les fondations du chantier. De la crevasse s'extirpe alors une monstrueuse créature qui s'empresse de décimer les humains passant à sa portée. Prisonniers dans la base à la suite d'une explosion, menacés à la fois par l'inondation progressive des coursives et par la bête qui est parvenue à s'infiltrer dans les locaux, les survivants tentent par tous les moyens de regagner la surface à temps.

L'annonce en 1989 du tournage d' Abyss signé James Cameron mit la communauté cinématographique en émoi. Annoncé alors comme un Aliens sous les océans, ce projet de luxe fut entouré d'une grosse opération marketing qui fit allécher la plupart des spectateurs. Profitant de la lenteur de sa conception, des petits malins tournèrent alors plus vite que leurs ombres et livrèrent quelques séries B de la même trempe, parfois honorables mais le plus souvent miteuses, qui sortirent coup sur coup la même année histoire de profiter de cet hypothétique succès au box-office. Leviathan, Lords of the deep, L'Abime ou encore Alien : la créature des abysses ...autant de titres opportunistes pour une mode aussi éphémère qu'une vague venant s'échouer sur la plage...

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
M.A.L. Mutant Aquatique en Liberté fut d'ailleurs le premier film du genre a être lancé sur les écrans. Son réalisateur, Sean S. Cunningham est relativement bien connue des amateurs de films d'horreur puisqu'il fut également le premier à exploiter le succès de l' Halloween de John Carpenter en livrant Vendredi 13, slasher devenu tout aussi culte que son modèle et qui lança définitivement le genre au début des années 80. Par ailleurs Cunningham est également connu pour ses talents de producteurs à succès puisque c'est lui-même qui finança le premier film de Wes Craven ( La Dernière maison sur la gauche ) ainsi que quelques séries B cultes dans les années 80 ( House , tous les épisodes des Vendredi 13 etc...). Avec M.A.L. Cunningham pensait sûrement réitérer l'exploit de son premier film en livrant encore une fois un ersatz destiné à plaire à un large public. Malheureusement pour lui, son "bébé" fut un flop total sur les écrans. Un échec toutefois largement compensé par un joli succès en location vidéo. Ce qui n'empêcha toutefois pas le réalisateur d'interrompre sa carrière avec ce titre (si on excepte un tardif Terminal invasion , téléfilm sorti en direct-to-vidéo chez nous en 2004).

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
A la lecture du synopsis, il est évident que M.A.L. n'a rien de réellement palpitant : un lieu clôs dans un environnement hostile, une équipe de personnages que l'on devine stéréotypés à l'extrême, une méchante bestiole prête à se faire les crocs sur l'intégralité du casting...Tout cela ressent méchamment le déjà vu depuis Alien , le milieu aquatique en plus. Et la vision du film ne fait que confirmer cette tendance : l'intrigue de Cunningham ne compte aucunement révolutionner le genre mais cherche avant tout à livrer un produit divertissant destiné avant tout à ceux qui, lassés au bout de la Xème vision du chef-d'½uvre de Ridley Scott, sont en quête d'une alternative sympathique à défaut de le supplanter. En cela, M.A.L. remporte haut la main la mise.

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
Alors certes, cette série B souffre d'un bon nombre de défauts à commencer par des acteurs (principalement expédiés de séries télés locales) qui font ce qu'ils peuvent mais qui sont loin de conférer de la consistance à leurs personnages. Seul Miguel Ferrer excelle dans le rôle du "méchant de service" tant son rôle accumule les tares (lâcheté, médisance, mensonge, colères...) là où ses compères se cantonnent à des facettes trop lisses pour être attachants. Le manque de moyens budgétaires se fait également ressentir durant la projection. Effectivement, si le film se tient au niveau des décors et des trucages (quoique perfectibles), on peut dire qu'en revanche le nombre de plans comportant des effets spéciaux se fait assez limité. Conscient des faiblesses de ses moyens, Cunningham cherche à amoindrir les dégâts et tente d'animer régulièrement le spectacle en accumulant les scènes ludiques en attendant de passer à l'artillerie lourde. Du coup le film ne prend une tournure horrifique qu'au bout d'une bonne heure, entretemps, le réalisateur prend son temps pour exposer brièvement le contexte (la mission, le lieu clos, l'ambiance étouffante pesante) et les personnages à travers la descriptions de leurs liens souvent conflictuels.

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
Une fois la situation initiale installée (avec un joli générique nous présentant les merveilles de l'océan sur fond de musique apaisante de Harry Manfredini déjà responsable du thème musical des Vendredi 13 ), il oriente dans un premier temps le récit vers l'aventure en accumulant les péripéties catastrophes rappelant toutes ces productions Hollywoodiennes des années 70 (L'Aventure du Poséïdon, La Tour Infernale...), les moyens colossaux en moins...Effondrement d'un fond marin, basculement d'une zone annexe de la station dans une fosse, sauvetage périlleux de survivants coincés dans des habitats semi inondés et instables avec sacrifice héroïque à la clé, explosion de missile accidentel, inondations progressives des locaux etc...Le film n'est donc point avare en situations dangereuses malgré un suspense convenu et se suit donc sans problème même si parfois il est difficile de prendre au sérieux la situation après autant de bourdes (d'autant plus qu'on ne peut échapper un sourire en constatant que l'habitat tient toujours debout en dépit de DEUX explosions nucléaires dans les grands fonds à proximité...magie du cinéma et du second degré quand tu nous tiens).Toutefois cette première partie n'est pas non plus exempte d'éléments fantastiques : outre une belle petite scène nous présentant l'exploration d'un fond marin volcanique à l'écosystème inconnue - propice à nourrir l'imaginaire collectif déjà bien échauffé par quelques anecdotes d'une biologiste marine- , Cunningham nous ressert le coup classique mais toujours efficace de la caméra subjective censée représenter la vision de la créature tandis que les radars annoncent l'arrivée d'une "entité énorme et inconnue"...Des effets déjà vus autre part (Les Dents de la merpour l'un et Aliens pour l'autre) mais qui s'avèrent toutefois suffisants pour faire patienter jusqu'à ce que les choses sérieuses commencent.

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
Une fois le casting restant définitivement piégé comme des rats, M.A.L. oblique alors vers le film d'horreur au détour d'une scène sympathique où un scaphandrier malchanceux, sorti à l'extérieur réparer un conduit défectueux, se fait chopper par le monstre lors de sa remontée dans le sas de décompression. Surgissant comme un boulet de canon hors de l'ouverture pour s'en venir engloutir les jambes de sa pauvre victime, la créature cauchemardesque réussit une belle entrée en scène qui sera d'ailleurs reprise en 1999 dans le Peur bleuede Renny Harling. Particulièrement imposante et étonnamment mobile pour un faible budget, la bête impressionne de par son look ravageur (un hybride géant de multiples crustacés genre homard / crabe/ écrevisse à la gueule garnie de dents acérées et au corps d'alien ) et par un rendu finalement assez crédible malgré des « changements » de tailles un peu trop voyants selon les plans (d'ailleurs on se demande comment un tel mastodonte peut s'infiltrer par l'intermédiaire d'un si petit conduit...mais bon comme on a dit précédemment tout ceci n'est pas très sérieux alors pourquoi se casser la tête....).

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
S'ensuit donc une lutte classique entre les protagonistes et le crustacé préhistorique affamé et bien décidé à en faire son garde manger. Les figurants tombent comme des mouches au fil des minutes, aussi bien sous les pinces de la créature que par leurs propres bêtises (non content de succomber à chaque accident technique, ils finissent par s'entretuer involontairement avec leurs armes de défense où à se suicider de manière très graphique -en témoigne cette séquence bien gratinée ou un pauvre fou pris de panique saute dans une nacelle de secours sans prendre en compte les paliers de décompressions...résultat à l'arrivée : du steak tartare bien saignant maculant les parois de l'engin. Bon appétit !). Ce petit carnage, malgré une violence graphique relativement "sage", rappelle souvent l'esprit des Vendredi 13 dans les mises à morts souvent cruelles mais bien jubilatoires. Comme pour le début du récit, inutile de dire que le suspense est quasiment inexistant vu que l'on devine aisément qui va y passer ou non, pourtant l'intrigue se laisse suivre agréablement avec son petit lot de séquences sympathiques et gentiment spectaculaires qui hissent cette production vers le haut (on retiendra notamment la lutte désespérée de deux jeunes femmes, prisonnières d'une salle immergées renfermant le monstre, et qui utilisent l'électricité pour se défendre...une séquence également reprise dans Peur Bleue d'ailleurs) tout en donnant un bon rythme à l'ensemble de par leur fréquence.

Premier film: petit clin d'oeil à mon traumatisme enfantin....
Toutefois cette alchimie ludique capitalisant sur l'aspect "fauché mais bourré de charme" de cette production se détériore quelque peu pour le final qui fait un peu trop dans la surenchère grand guignolesque avec une ultime apparition de la bestiole en surface...Une manière de rappeler encore une fois Alien , sauf que dans ce cas la mayonnaise ne prend pas entre la lutte finale gentiment kitsch dans ce décor de piscine et les incohérences qui découlent de l'apparition "surprise"du méchant crabe mutant...Vous me direz qu'on n'en est pas à une près à ce stade là vu les énormités du script, mais je reste persuadé que ce morceau de bravoure de 5 minutes aurait très bien pu être enlevé sans problème tant il dégage une ambiance rigolarde un peu en contradiction avec le reste du métrage qui se voulait malgré tout sérieux.

En conclusion, M.A.L. reste avant tout une modeste série B tendance nanarde à réserver avant tout aux inconditionnels de monsters movie et aux nostalgiques des films de genre estampillés 80's comme on n'en voit plus aujourd'hui. Pour les autres, ce ne sera qu'une simple production de consommation courante ayant fait son temps que l'on peut regarder d'un ½il indulgent comme le vestige d'une génération prolifique en petites friandises filmiques.

Note: 3,5/6

DVD zone 2 disponible chez Supra vision (sous le titre original)

Tags : Monstres - Monstre marin - Huis-clos

Trailer 1 28/08/2007

Pour accompagner l'article, voici le lien permettant de visionner la bande-annonce de M.A.L. Mutant Aquatique en Liberté:

http://www.youtube.com/watch?v=pouTM3jqZCM

Un p'tit coup pour la route? 29/08/2007

LE CORPS ET LE FOUET
Un p'tit coup pour la route?

(La frusta e il corpo)
Film réalisé par Mario Bava (sous le pseudonyme de John Old). Avec Daliah Lavi, Christopher Lee, Tony Kendall, Isli Oberon.
Italie/ france/UK - 1963 - 1h23


Interdit aux moins de 16 ans

Quelque part en Europe au XIXème siècle, la quiétude de la famille Menliff résidant dans un vieux castel en ruine au bord de la mer est brutalement rompue par le retour inopinée du baron Kurt, le fils aîné. Ce dernier avait séduit et poussé au suicide l'enfant d'une servante avant d'abandonner ses terres et sa promise, Novenka, pour un exil forcé. Froidement accueilli par l'ensemble de ses prôches qui le considèrent comme un monstre de cruauté, il cherche à renouer avec Novenka, mariée depuis avec Critiano le frère cadet qui a hérité de ses biens. En connaissant le penchant pervers de la jeune femme d'être flagellée avant l'étreinte amoureuse, il parvient à la séduire. Mais un soir, Kurt est sauvagement assassiné dans des circonstances troublantes. Novenka est alors victime d'hallucinations nocturnes comme si le spectre de son amant revenait la harceler, tandis que des morts suspectes surviennent dans son entourage.

1963 est une année chargée dans la carrière de Mario Bava puisqu'il réalise également durant la même période deux autres films charnières dans sa carrière prolifique : La fille qui en savait trop, thriller hitchcockien annonçant la création des giallis, et Les trois visages de la peur, célèbre film à sketchs devenu une référence incontournable.

Un p'tit coup pour la route?
Bien que moins illustre dans sa filmographie, Le Corps et le fouetconstitue pourtant un titre intéressant du maître puisqu'il offre une continuité de la vague "fantastique gothique" du réalisateur - débutée avec l'excellent Masque du démon (1960) - et qu'il continuera à explorer par la suite (Opération peur ...) tout en se faisant témoin de tout un genre prolifique du cinéma italien (les années 60 furent propices à des titres de qualités telles que La vierge de Nuremberg ou Le Moulin des supplices qui concurrencèrent sans mal la Hammer film production anglaise qui détenait jusque là le monopole).

Le film est assez singulier dans la mesure où il s'amuse à jouer habilement sur deux tableaux : d'un coté Bava ressort tous les ingrédients à succès des grands films de genre avec un savoir faire qui n'appartient qu'à lui, ce qui fait que l'amateur se retrouve d'emblée en terrain familier et se laisse embarquer avec plaisir. Château lugubre aux long couloirs obscurs tapissés de toiles d'araignées, cryptes sinistres, famille rongée par les non dits, amours interdits, méchant ténébreux, malédiction d'outre tombe, superstitions et autres climats poético-morbides...Le Corps et le fouet aborde un classicisme apparent qui fait toujours plaisir à voir - du moins pour les amateurs de ce type de production - d'autant plus que la mise en scène est toujours aussi soignée avec ses éclairages savamment colorés et ses petits effets d'ambiance simples mais efficaces (bruits de pas nocturnes, gros plans sur les visages des protagonistes émanant une émotion clé, musique gentiment inquiétante...) mais qui demeure malgré tout assez convenu.

Un p'tit coup pour la route?
La véritable surprise du film réside avant tout dans son intrigue qui, sous couvert d'une banale histoire de vengeance d'outre tombe, aborde des thèmes particulièrement corsés pour l'époque puisqu'il est question purement et simplement d'une relation sadomasochiste entre l'héroïne névrosée et son ancien amant passé de vie à trépas. Même si à présent, le traitement de Bava parait très sage en comparaison avec nos productions actuelles (tout juste verrons deux brèves séances où l'actrice, dos nue, se fait frapper avec une cravache et peinturlurer la peau avec quelques traits de rouge), force est de reconnaître que ce genre de scène avait de quoi choquer les morales bien pensantes de l'époque (souvenez-vous que les épaules dévêtues de Michelle Mercier dans les Angéliques suffisaient à susciter des esclandres monstres dans les années 60). Ce choix narratif est d'ailleurs doublement gonflé dans la mesure ou le réalisateur ne cherche jamais à poser un parti-pris moralisateur concernant ces actes d'amour/haine, bien au contraire il cherche à faire ressentir l'extase sexuelle de l'actrice flagellée avec l'aide d'une magnifique partition sous forme de leitmotiv tout en focalisant sa caméra vers les expressions ravis des deux protagonistes.

Un p'tit coup pour la route?
Ce thème relève d'une envie bienvenue de renouveler un peu le genre quelque peu fatigué par de trop nombreuses relectures de classiques (voir les séries interminables des Dracula et autres Frankenstein britanniques) typiquement italienne. Cette "révision" du film gothique s'applique surtout dans l'évocation du vice et de la perversité humaine qui se cahce en chacun des protagonistes puisqu'autour du "péché mignon" de Novenka vont venir se greffer d'autres portraits pas plus flatteurs de personnages à priori blancs comme neige : la servante si dévouée ne jure que par la vengeance au moyen d'un crime de sang, Cristiano sous ses apparences de fils prodigue n'est qu'un pantin servile à la botte de son père qui n'extériorise ses sentiments qu'à travers son attitude tantôt indifférente tantôt méprisante vis-à-vis de Novenka, son épouse de force, la cousine n'est qu'une carricature de fille vertueuse qui rêve secrètement de la disparition de Novenka pour pouvoir la remplacer dans le lit conjugal...

Un p'tit coup pour la route?
Bref toute une assemblée bien antipathique qui ne sert avant tout qu'à mettre en valeur le couple Kurt/ Novenka - interprétés respectivement par Christopher Lee et Daliah Lavi - charismatiques en diables (malgré l'interprétation souvent trop excessive de l'actrice) et finalement rendu "attachant" par leur coté sombre qui leur confère un aspect plus humain, moins artificiel que les autres intervenants immergés dans les conventions.
C'est d'ailleurs ce couple maudit qui forge toute la force du film en dressant une relation ambiguë - entre la fascination, l'attraction animale et le dégoût pur et dur - qui se maintient même au-delà de la mort de Lee après 20 minutes de film. Dès lors Le Corps et le fouet s'évertue surtout à démontrer la progression de Novenka dans la folie, victime d'un mal étrange et indéterminé qui pourrait tout aussi bien être des apparitions surnaturelles qu'une psychose homicide et ce, jusqu'à la résolution du mystère dans ses dernières minutes (quoiqu'en dépit des conclusions hâtives, le doute ne peut être totalement levé). C'est peut-être la partie la moins intéressante du film du fait de quelques longueurs dues au caractère assez répétitif des hallucinations qui finissent par faire office de "bouche-trou" quand à la durée réglementaire du film. Un bon quart d'heure en moins n'aurait pas été négligeable selon moi malgré sa courte durée.

Un p'tit coup pour la route?
Le Corps et le fouet est donc au final un film quelque peu inégal dans son rythme et légèrement en deçà par rapport aux autres ½uvres de Mario Bava mais qui s'avère toutefois très ambitieux dans son fonds. Une belle surprise qui mérite amplement d'être (re)découverte à réserver toutefois aux vrais amateurs de films d'époque qui ne sont pas révulsés par l'aspect théâtral de ce type de productions.


Note : 4,5/6

DVD zone 2 disponible chez Opening

Tags : Fantômes - Mario Bava - Gothique - Christopher Lee - Cinéma italien - 1960's

Trailer 2 30/08/2007

En guise d'accompagnement de l'article précédent, voici le lien permettant de voir la bande annonce du Corps et le fouet:

http://www.youtube.com/watch?v=qnikPuOojwk